Vendredi 11 novembre 2005
Aujourd'hui a repris la grève des salariés de la régie municipale de Marseille. Leur grève avait été déclarée illégale il y a une semaine. Pourquoi? Parce qu'elle ne les concernait pas directement a-t-on dit. Autrement dit parce qu'elle n'était pas "corporatiste". N'est ce pas un peu étonnant, à l'heure où le "corporatisme" est jugé si méprisable par nos médias et certains bien pensant, de voir un si grand mouvement de grève condamné pour manque de "corporatisme"?
On voit ici quelque chose de grave se dessiner. Un conducteur de bus, salarié d'une régie municipale ne serait pas autorisé à montrer son désaccord face à l'installation d'une ligne de tramway dans sa ville gérée par une entreprise privée... Comme il n'est pas salarié de cette entreprise, il ne peut pas manifester son refus, ça n'aurait rien à voir avec lui...
Monsieur Gaudin est calculateur. Il tente de décrédibiliser ce mouvement d'ampleur pour la défense d'un vrai service public du transport, qui tend à se réduire. Les médias ont suivi. Personne pour nous expliquer ce qu'est cette entreprise, pourtant très connue. Aucun journaliste pour nous montrer la volonté de ces dignes fonctionnaires qui voient dans leur mission autre chose que la recherche de profit et voient se profiler une multiplication de contrats de délégation de service public dans cette ville où, historiquement, les municipalités ont tenu face à la demande pressante de ces entreprises spécialisées de prendre en main ce marché juteux aux usagers captifs.
Nous devons tous nous demander à quoi sert le service public et quelles sont les conditions d'une délégation de ce service. Nous devons comparer le but ultime des deux fonctionnements: la priorité à l'usager, ou à l'actionnaire?
Par poline guyader
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Tandis que les salariés expliquent que leur mouvement n'a rien de corporatiste et qu'ils se battent pour le maintien du Service Public et contre une privatisation, les médias relaient les pensées des libéraux détracteurs du mouvement.
Libération publie dans son édition d'aujourd'hui, en choisissant de présenter les deux points de vue: dans un premier temps celui des salariés et dans un deuxième et ultime temps, celui de leurs opposants, en position finale, comme réaliste...
Voici donc cette deuxième partie: "La direction a une autre vision : «L'unique réel motif du mouvement porte sur le retrait de la délégation de service public», cette fameuse DSP qui organise la mise en concurrence pour le futur tramway. «Les syndicats retombent dans le même travers déjà déclaré illégal. On a fait vingt heures de négociation pour rien», déplore le directeur général de la RTM. Marc Girardot se dit «disponible tout le week-end» pour reprendre des négociations mais menace d'engager un nouveau référé la semaine prochaine. Quant au maire, qui veut faire baisser le coût de la RTM, estimé, d'après audit, 10 à 15 % plus cher que des réseaux équivalents, il jure toujours qu'il n'y aura pas de privatisation, mais juste une «association dans le fonctionnement» entre la RTM et Connex, «pour éviter qu'il n'y ait trop de déficit à payer par le contribuable»." Libération le 15 novembre 2005
Mais le journaliste ne demande pas à son interlocuteur : qu'est-ce qui ferait que le service coûterait moins cher s'il était géré par le privé? Quelles sont les charges supportées par le Public que l'entreprise ne paie pas? J'attends une réponse. Ma question demeure: Comment réduire les coûts en maintenant un statut et des salaires acceptables par des salariés tout en versant des dividendes à ses actionnaires?
Par poline guyader
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