Nous entendons à longueur de journaux que le Contrat Première Embauche est le petit frère du Contrat Nouvelle Embauche pour les jeunes de moins de 26 ans. Le rapport est en effet très étroit. La réaction de l'UNEF et des syndicats lycéens semble aussi se focaliser sur la différence d’âge. Ces deux contrats sont en effet une précarisation énorme des salariés. La différence la plus importante ne réside pourtant pas dans l'âge des salariés concernés. La différence la plus grave est plutôt la taille de l'entreprise concernée. Le CNE a été offert aux entreprises de moins de 20 salariés, avec l'idée qu'elles ont davantage de mal que les grandes à prévoir leur avenir. La possibilité de renvoyer l'employé durant deux ans sans le justifier était fait pour elles.
Le MEDEF mécontent de ne voir que les TPE tirer des bénéfices de la flexibilisation du personnel l'a fait savoir. Il a finalement obtenu que les salariés de moins de 26 ans ne compteraient pas pour le calcul du seuil en-deça duquel aucune section syndicale n'est nécessaire. Mais ça ne leur suffisait pas, les grandes entreprises n'avaient toujours rien. Laurence Parisot a multiplié les discours pour amener le gouvernement à "assouplir" le code du travail, flexibiliser les salariés, variable d'ajustement des entreprises. Ils ont finalement gagné grace à la mise en place du CPE. Le CPE s'adresse à toutes les entreprises, les plus grandes comme les moyennes, même si les salariés doivent, eux, avoir moins de 26 ans. Ainsi le Syndicat des Patrons de France a finalement obtenu sa part du gâteau : les jeunes.
L’un des derniers discours de la Patronne des patrons vilipende les « hausses déraisonnables » du SMIC et réclame de réels « assouplissements », elle félicite son mouvement pour les avancées obtenues en matière d’avantages financiers. Jugez plutôt :
« Nos succès dans le PLF et le PLFSS n’ont jamais été aussi nombreux. Je n’en citerai que quelques uns. Un aménagement de l’ISF a été adopté. L’anticipation de la hausse de la taxe d’apprentissage a été supprimée. Les allègements de cotisations sociales sont maintenus. Le taux plafond du versement transport n’augmentera pas. »
« Moins de charges c’est une autre conception de l’Etat. La mutation, la métamorphose de l’Etat sont engagées, mais trop timidement : il faut aller plus loin et encourager la culture du management et la culture de la performance.
Si nos interlocuteurs partageaient sans ambiguïté notre espoir d’une économie française compétitive nous ne les verrions pas se demander comment concilier les 35 heures avec l’inconciliable. Nous obtiendrions d’eux la facilité et la souplesse dont toutes les entreprises ont besoin pour s’adapter, pour se développer. Nous ne subirions pas les hausses déraisonnables du SMIC que nous avons connues ces dernières années. Nous demandons au gouvernement de réduire le coût des heures supplémentaires pour les entreprises. Cette mesure ayant le double avantage de favoriser le travail et de ne pas pénaliser le salaire. Nous demandons également que la décision économique que constitue la fixation du SMIC sorte du champ politique. » (L'entreprise c'est la vie - Assemblée générale du 17-01-2006, site internet : http://www.medef.fr/staging/site/page.php?pag_id=44952 )
Il reste à nos journalistes à montrer l’intérêt de ce nouveau contrat pour ces grandes entreprises, capables, elles, de savoir à l’avance si elle garderont ou non un employé. Reste à interroger des patrons et leur demander pourquoi le fait de justifier un licenciement les gêne…
Le CESU. Vous avez certainement complété les quelques lectures que je vous ai proposées d'autres sources d'information lénifiantes, à la télévision, à la radio ou sur nos quotidiens favoris. J'ai en mémoire l'image de jean-Louis BORLOO au journal de 20 heures de TF1 le 13 février, visible à l'adresse http://videos.tf1.fr/video/news/lesjt/ . Notre Ministre nous apparaît comme le "camelot du Chèque Universel", avec lequel le français pourra hacher ses légumes, repeindre un mur, réparer son ordinateur... Je l'imaginais sur la place du marché vendant son appareil multi-fonction, donnant de la voix pour attirer le chaland en agitant des bras, effectuant son immuable démonstration sur un morceau de moquette malencontreusement taché de vin... Un bon vendeur, ce BORLOO!
Le fonctionnement du PS m'étonne. Vous me direz que je suis naïve, et vous aurez raison. Je me suis rendue, curieuse, à une réunion publique sur les Etats généraux du projet du Parti Socialiste. La présentation d'Henri Emmanuelli est rodée. Précédé par les élus locaux, il joue du bon mot et ne manque pas d'envoyer des piques. Jean-Yves Le Drian, ancien maire de Lorient et Président de Région, se félicite des résultats de la région Bretagne depuis l'arrivée des Socialistes, Emmanuelli le remercie: " Si je comprends bien, on continue comme ça et 2007, c'est dans la poche!" La référence au 21 avril est claire, enfin certains ne semblent pas la sentir, la pique est noyée dans les rires. Le maire, en difficulté depuis quelques mois, après avoir instauré un nouvel impôt, prendra la parole un peu plus tard pour se justifier. Il passera 5 minutes à faire l'apologie de l'impôt et sera mollement aplaudi. ( Il faut savoir que la communauté de communes a déboursé beaucoup ces derniers temps: le plus petit métro d'Europe, un nouveau musée-bibliothèque-planétarium, et un magnifique Hôtel-métropole ont vidé les caisses communes)